Comment préparer un surf trip en hiver : destinations, matos adapté et conseils sécurité

Pourquoi partir en surf trip en plein hiver ?

Je vais être honnête : les meilleurs souvenirs de surf que j’ai, je ne les ai pas en boardshort. L’hiver, c’est la saison où les bancs de sable se mettent bien, où les houles sont plus régulières, où les spots sont beaucoup moins blindés. Oui, ça pique un peu en enfilant la combi à 7 h du matin, mais le reward derrière est souvent énorme.

Un surf trip en hiver, c’est aussi une façon de vivre une destination autrement : des paysages plus bruts, des lumières plus basses, des line-ups silencieux, des discussions au chaud autour d’un café brûlant après la session. Et si on prépare bien son trip, le froid devient un paramètre comme un autre, pas un frein.

Où partir en surf trip en hiver ? Les destinations à viser

Il y a deux grandes philosophies : soit tu cherches le chaud pour fuir l’hiver, soit tu assumes le froid et tu vas le chercher là où les vagues déroulent à l’ancienne. Je te partage les endroits où je retourne volontiers en hiver, avec quelques spots un peu moins exposés sur Instagram.

Destinations “eau chaude” pour l’hiver

Tu veux ranger les chaussons et surfer en lycra pendant que tes potes grattent le pare-brise ? Voici quelques valeurs sûres.

  • Les Canaries (Lanzarote, Fuerteventura, Gran Canaria) : L’incontournable du surf trip hivernal pour les Européens. Eau autour de 19-20 °C, houles solides de l’Atlantique nord, billets d’avion souvent abordables. Mon combo préféré : base à Corralejo (Fuerteventura) pour choper les reef breaks du North Shore le matin, et session plus tranquille sur les beachbreaks du côté d’El Cotillo l’après-midi.
  • Maroc (Taghazout, Tamraght, Imsouane, Sidi Kaouki) : Ambiance surf chill et tajines post-session. L’hiver, les point breaks du coin (Anchor Point, Killer Point, Boilers…) reçoivent de belles houles longues. Spot plus confidentiel : la baie de Tifnit, un village de pêcheurs au sud d’Agadir, assez roots, mais super vibe, avec de jolies droites quand la houle rentre bien.
  • Cape Verde (Sal, Boa Vista) : Moins surf “mainstream” que les Canaries, mais des bancs de sable vraiment tops et des reefs peu fréquentés. Le vent peut être présent, mais en se calant sur les bons horaires, on trouve des créneaux propres.
  • Sri Lanka (côte sud et est selon la saison) : Pour vraiment fuir l’hiver et surfer en short non-stop. En plein hiver européen, la côte sud (Midigama, Weligama, Mirissa) est la plus active. C’est un peu plus fréquenté, mais il y a toujours quelques peaks plus discrets si on s’éloigne des camps de surf.

Destinations “eau froide mais grosses vagues”

Si tu aimes la vibe brut de décoffrage, les combis épaisses et les houles qui envoient du vrai, l’hiver est ton meilleur allié.

  • Portugal (Centre-Ouest, Alentejo, Algarve) : L’hiver, c’est la saison reine. Autour de Peniche et Ericeira, tu peux quasiment toujours trouver un spot adapté, du petit glassy à la grosse claque. Pour un trip plus “wild”, je suis fan de la côte de l’Alentejo : moins construite, petites falaises, peu de monde à l’eau et des bancs de sable surprenants près de spots comme Vila Nova de Milfontes ou Zambujeira do Mar.
  • Nord de l’Espagne (Asturies, Cantabrie, Pays basque nord) : Eau fraîche, oui, mais line-up souvent plus tranquilles qu’en été. Les beachbreaks des Asturies peuvent être magiques en plein hiver, avec les montagnes enneigées au fond. Cherche les petites baies orientées différemment pour te mettre à l’abri du vent dominant – c’est souvent là que tu tomberas sur un pic quasi vide.
  • Bretagne & Ouest France : Si tu ne veux pas prendre l’avion, l’hiver français a de belles cartes à jouer. En Bretagne sud, certains spots qui saturent l’été deviennent parfaits avec les houles longues d’hiver. Pour garder ces coins un peu secrets, je dirai juste : explore les baies orientées plein Ouest avec des falaises au nord… tu auras des surprises.
  • Irlande & Écosse (pour les plus motivés) : Là, on passe à la catégorie “engagés”. Eaux froides, météo capricieuse, mais quand ça fonctionne, c’est une autre planète : longues droites sur reefs, lumières folles, aucun bruit à part les vagues. À réserver à ceux qui ont déjà une bonne expérience du surf en eau froide et une vraie combi adaptée.

Quel matos emporter pour un surf trip en hiver ?

Le matos, c’est là que tout se joue. Une destination de rêve peut vite tourner au calvaire si tu passes tes sessions à claquer des dents ou à rincer le wax d’été qui se barre du deck.

La combinaison : ton meilleur investissement

En hiver, je ne lésine jamais sur la qualité de la combi, même si ça pique un peu côté budget. Une bonne combi te permet de rester 2 h dans l’eau sans te transformer en glaçon et de surfer plus longtemps, donc de rentabiliser ton trip.

  • Température 15–18 °C (Canaries, Maroc nord en hiver doux) : Une 4/3 mm haut de gamme fait le taf. Si tu es frileux, prends une 4/3 avec doublure intérieure type “polypro” + chaussons 3 mm.
  • Température 11–15 °C (Portugal en plein hiver, Bretagne sud) : Une 4/3 très chaude ou 5/4 mm avec cagoule intégrée selon ton niveau de frilosité. Chaussons 4 à 5 mm, gants 3 mm.
  • Température < 11 °C (Irlande, Écosse, Bretagne nord en plein cœur d’hiver) : Là, c’est 5/4/3 ou 6/5/4 mm obligatoire, cagoule intégrée, chaussons 5–7 mm et gants 4–5 mm.

Petit conseil de vieux briscard : prends toujours une combi un poil plus chaude que ce que tu crois nécessaire. Au pire tu auras chaud, au mieux tu profiteras de la session au lieu de surveiller chaque frisson.

Accessoires indispensables en trip hivernal

  • Wax “cold” ou “cool water” : la wax d’été se transforme en savon dans l’eau froide. Prends deux pains, on ne sait jamais.
  • Chaussons, gants, cagoule : même si tu penses ne pas les utiliser, glisse-les dans le sac. Le vent, ça change totalement la donne sur place.
  • Top néoprène ou shorty sous-combi : pratique quand les sessions s’enchaînent et que la combi commence à fatiguer un peu.
  • Deux leashs minimum : l’hiver, les conditions sont plus puissantes, les leashs morflent davantage.
  • Kit de réparation board : soleil + choc + eau salée = combo parfait pour éclater un glass fragile. Un petit kit UV peut sauver une semaine de trip.
  • Housse de surf solide + chaussettes : entre l’humidité, les aéroports et les parkings, protège tes boards comme il faut.

Quelles planches prendre pour un surf trip en hiver ?

J’essaie d’éviter de partir avec un quiver de hardware complet, mais deux boards bien choisies, ça change tout.

  • Une planche “daily driver” (shortboard ou hybrid) : Ta board tous les jours, pour 80 % des sessions. Un peu plus de volume que ta board d’été pour partir plus facilement dans les vagues plus puissantes et parfois plus “lourdes”.
  • Une board plus confort (fish ou mini-malibu) : Parfaite pour les jours où c’est plus petit, onshore ou quand tu es rincé après une grosse houle. En trip, cette board te sauve souvent plus de sessions que tu ne l’imagines.
  • Pour les chargeurs : Une step-up un peu plus longue et étroite si tu vises les reefs solides ou les grosses houles portugaises/irlandaises. Toujours garder une marge de sécurité dans les tailles et line-ups que tu vises.

Astuce : vérifie les franchises et conditions des compagnies aériennes sur le transport des planches avant d’acheter tes billets. Certaines low-costs te font payer cher chaque centimètre dépassant.

Conseils sécurité pour un surf trip en hiver

L’hiver, le décor est plus beau, mais la nature est aussi plus exigeante. Entre le froid, les courants plus forts et les houles plus puissantes, il faut être un peu plus carré sur la sécurité.

Bien lire les conditions avant de se jeter à l’eau

Je passe toujours un peu plus de temps à étudier les prévisions quand je pars en trip hivernal :

  • Houles plus longues : les périodes (12–17 s) génèrent plus de puissance, même si la taille annoncée semble “raisonnable”. Une houle de 1,5 m à 15 s peut mettre une bonne claque sur certains reefs.
  • Vent glacial : un thermique ou un vent side peut rendre l’eau ressentie beaucoup plus froide. Prendre en compte le “windchill” pour choisir sa combi et la durée de session.
  • Marées : certains spots d’hiver ne fonctionnent qu’à une fenêtre très précise de marée. Demander aux locaux ou aux shops du coin peut t’éviter de te pointer sur un spot complètement fermé.

Gérer le froid et la fatigue

  • Échauffement à sec : en hiver, j’échauffe toujours mieux qu’en été. Quelques minutes à trotter, bouger les épaules, mobiliser les hanches. Tu rentres dans l’eau déjà prêt, et tu limites les risques de blessure.
  • Hydratation et nourriture : le froid masque un peu la sensation de soif, mais le combo eau salée + combi + efforts pompe plus vite qu’on ne le croit. Eau, snacks, fruits secs : toujours dans la voiture ou l’appart.
  • Limite de temps : au-delà de 1 h 30–2 h dans une eau froide, la lucidité baisse. Quand je commence à moins bien ramer ou à faire des erreurs bêtes, c’est souvent le signal pour sortir.

Respect des spots et des locaux

Les line-ups sont parfois moins fréquentés en hiver, mais l’ambiance peut être plus “sérieuse”. Je garde toujours ces quelques règles en tête :

  • Observer le spot 10–15 minutes avant de se mettre à l’eau : séries, courant, zones de sortie.
  • Identifier les surfers locaux : repérer comment ils se placent, comment ils gèrent les séries, et ne pas griller les priorités.
  • Éviter de débarquer en bande de 8 sur un petit reef demi-secret. Mieux vaut se splitter en petits groupes.

Les petits plus qui changent un surf trip hivernal

Ce sont des détails, mais l’hiver, ce sont souvent eux qui séparent le trip galère du trip parfait.

  • Un thermos de boisson chaude dans la voiture : thé, café, gingembre… Rien de mieux pour se remettre les idées en place après une session glaciale.
  • Un seau ou un bac étanche pour enfiler/retirer la combi proprement, surtout sur les parkings boueux hivernaux.
  • Un poncho bien épais : pour se changer à l’abri du vent sans finir violet.
  • Une serviette ou couverture de secours : au cas où tu restes un peu plus longtemps que prévu dehors, trempé.
  • Une frontale : les journées sont plus courtes. Pour checker les spots de nuit, rentrer sur des chemins pas éclairés ou gérer un imprévu.

Préparer un surf trip en hiver, c’est accepter de composer avec un élément de plus : le froid. Mais avec la bonne combi, deux bonnes boards, un œil attentif sur les prévis et quelques petites habitudes de sécurité, tu ouvres la porte à des sessions que peu de gens vivent. Des line-ups silencieux, des couchers de soleil à travers la brume, des droites qui déroulent sans fin… L’hiver, c’est un peu le “mode expert” du surf trip. Et une fois que tu y as goûté, tu te surprends souvent à attendre la prochaine saison froide avec impatience.